Les tailles des réseaux

Le nombre de membres dans un réseau

D’après mon expérience la plus petite taille du groupe viable semble être quelque part dans une fourchette de 5 à 9 membres.

À mon avis, le sentiment d’équipe commence vraiment à  5 à 8 personnes. Vous pouvez avoir une réunion où tout le monde peut parler de ce que l’ensemble du groupe a fait, et chacun peut ainsi se sentir très compétent. Cependant, de 9 à 12 personnes la concorde commence à briser. Il devient difficile de porter son attention sur tout le monde et les rencontres risquent de devenir trop bruyantes, trop ennuyeuses, trop longues, ou une combinaison de tous ces éléments.

La  taille optimale d’un comité est de 7. De même, il est assez facile pour nous de voir que, lors d’un dîner, le groupe commence à se décomposer quelque part au-dessus de 7 ou 8 personnes, comme cela se passe aussi lors de jeux de table stratégique (je préfère 5 joueurs) et jeux de rôle (je préfère 7 participants)

L’abîme qui commence quelque part entre 9 à 12 personnes peut être particulièrement ardue pour une petite structure. Alors que le réseau grossi jusqu’à 12 membres, vous devez commencer à  spécialiser et avoir des délégations plutôt que des  rapports directs. Mais vous n’êtes pas encore assez grand pour que cela soit efficace.  Le temps de travail des participants,  bien que certains d’entre eux soient désignés pour accomplir des tâches de gestion, est gaspillé.

Seulement, comme vous approchez et passez les 25 personnes, les délégations et donc les gestionnaires commencent à travailler à nouveau, car il commence à y avoir vraiment du sens, pour les responsables – coordinateurs, médiateurs, chefs de projets – à passer du temps dans la communication et la coordination (et que les délégations deviennent suffisamment grosses pour permettre une fois de plus l’échange dynamique d’idées qui avaient déjà eu lieu dans le groupe originel de 5-9 membres).

J’ai déjà noté le fossé quand vous allez au-delà de 80 personnes, je pense que c’est le point que le nombre de Dunbar marque réellement pour la  non-survie d’un groupe orienté. Même à ce point le plus bas, le niveau de « bruit » créé par la socialisation nécessaire devient un problème, et le filtrage devient essentiel.

Lorsque vous approchez de 150 cela commence à être ingérable.

 

  • Sentiment d’équipe : 5
  • Taille comité : 7
  • Mise en place délégations : réseau > 12 membres
  • Retour du sens et motivation forte : > 25 membres
  • Taille maximum d’un réseau projet : 80
  • Taille maximale d’un réseau : 150

Le nombre de Dunbar comme une limite à la taille des groupes

 

Dunbar est un anthropologue à l’University College de Londres, qui a écrit un article « Coévolution de la taille du néocortex, de la taille du groupe et de la langue des êtres humains ». Il émet une hypothèse sur le nombre maximum de connexions possibles au sein d’un groupe, d’un réseau.

 

Il y a, selon Dunbar, une limite cognitive au nombre de personnes avec lesquelles une personne peut entretenir des relations stables. Cette limite est une fonction directe de la taille relative du néocortex. La limite imposée par la capacité de traitement du néocortex est tout simplement sur le nombre d’individus avec lesquels la relation inter-personnelle stable peut être maintenue.

Dunbar appuie cette hypothèse par des études,  d’un certain nombre d’anthropologues sur le terrain. Ces études visent à mesurer la taille du groupe d’une variété de primates différents. Dunbar corrèle les tailles des groupes à la taille du cerveau des primates pour produire une formule mathématique. Sa formule, qui est basé sur 36 primates et également sur des données de recensement de  tribus de tailles diverses dans de nombreuses cultures, dispose que 147,8 est la « taille moyenne du groupe » pour l’homme.

Source: Boston Consulting Group

Ce nombre de 150 est devenu « le nombre de Dunbar» et a été popularisée par diverses écrivains comme Malcolm Gladwell, Duncan J. Watts et Mark Buchanan

Toutefois, dans ces travaux Dunbar lui-même suggère qu’une taille de  collectivité de 150 ne peut faire communauté que si ses membres sont fortement incités à rester ensemble.

 

Ce nombre de 150 ne signifie pas que les gens ont 150 personnes dans leur réseau social, mais qu’ils ne suivent réellement que 150 personnes maximum à un moment donné.

 

Il montre que pour qu’un groupe se maintienne à la taille de 150, il faut nettement plus d’efforts consacrés à la socialisation de base, nécessaire pour maintenir le fonctionnement du groupe. Certaines organisations ont une incitation suffisante pour maintenir ce haut niveau de socialisation nécessaire. Toutefois, il s’agit d’une énorme quantité d’efforts pour un groupe si elle essaie non seulement de maintenir la cohésion, mais aussi de faire quelque chose.

La taille du groupe prévu pour l’homme moderne par l’équation implique  que l’on consacre 42% du  temps à entretenir le réseau social.

 

 

La taille dans les structures dispersées

On peut s’attendre à ce que la limite supérieure à la taille du groupe dépend du degré de dispersion sociale. Dans les sociétés dispersées, les individus se réunissent moins souvent et seront donc moins familiers avec chacun. Les tailles de groupe devraient donc être réduites en conséquence.

Nombre de membres actifs au sein des réseaux

 

Nous avons des réseaux de centaines voire des milliers de membres, mais la plupart des membres sont inactifs, sur une base régulière.

Chaque fois qu’un réseau grandi au-delà de 150, il a toujours semblé que le mécontentement se propage vers le haut de telle sorte que les gens quittent le réseau.

 

Ainsi c’est rare d’avoir plus de 40 participants actifs dans un réseau.

Un forum commence à se briser quand il atteint environ 80 contributeurs actifs, ce qui nécessite une division du forum avant que la croissance ne l’atrophie voire génère une implosion. Les wikis sont un bon exemple. WikiPedia, un des plus grands Wikis actifs en ligne, semble avoir stagné à environ 150-175 administrateurs actifs depuis plus d’un an, en dépit d’une forte croissance de l’utilisation pendant la même période.

La taille optimale, pour les membres actifs du groupe, pour les réseaux créatifs et techniques est entre 25-80, mais il est surtout autour de 45-50.

En effet au-delà il devient indispensable de passer [trop] de temps pour maintenir la cohésion du groupe, plutôt que de se concentrer sur pourquoi les participants veulent faire réseau, comme apprendre une technologie, promouvoir un évènement, ou échanger sur les pratiques professionnelles.

Le nombre de Dunbar et les communautés en ligne

Dernièrement, le nombre de Dunbar a été pris en référence pour les réseaux en ligne et des groupes, comme indiqué dans Mayfield’s Weblog Ross , où il déclare:

Type de réseau

Taille

Description

Distribution

Réseau politique ~1000 Blogs comme mass média Loi de puissance (sans échelle)
Réseau social ~ 150 Blogging classique Courbe en cloche (aléatoire)
Réseau de créativité ~ 12 Blogs avec des  conversations telles que pendant un dîner Dense (égale)

Ultima Online fournit l’un des meilleurs exemples de ce que sont les tailles d’une communauté de soutien en ligne, car il est bien documenté et la taille globale de jeu est assez grande pour générer de nombreuses petites collectivités. Si vous regardez  les statistiques établies par  Raph Koster pour la taille des groupes dans Ultima Online, vous pourrez voir un point précis des rendements décroissants, autour de 150, mais vous verrez aussi que la plupart des groupes sont autour de 60 grandes.

Augmentation du nombre de Dunbar et nécessité de la délégation

Une taille critique pour suivre l’activité

Dans les organisations – entreprise, collectivité, …, ce n’est que lorsque vous dépassez, les 350-500 personnes qu’il devient nécessaire  de renforcer l’encadrement intermédiaire de travail, principalement parce que vous devez à nouveau segmenter vos départements et services.

Dans le cadre de l’évaluation annuelle, on dispose que le nombre maximum de collègues que l’on peut évaluer est autour de 70-80, et de façon optimale autour de 12.

 

 

Les notions de satisfaction et de leadership

Selon Christopher ALLEN, la taille optimale d’un réseau, pour maximiser la satisfaction de ses membres est inférieure à 12 et supérieur  à 15.

Christopher Allen, directeur du cabinet éponyme, a dix-huit ans d’expérience  dans le conseil stratégique / gestion dans le secteur privé, auprès d’organismes publics, et d’ONG. Il est spécialisé dans la recherche et l’analyse, la planification stratégique, et le développement durable.

L’ensemble des études sociologiques sur l’animation de réseaux de professionnels montre qu’il n’y a pas de substitut au face à face pour générer la confiance et donc l’investissement des membres. En effet le langage non verbal est la source principale  du phénomène de confiance, de leadership.

Ainsi en conclusion, dès lors qu’un réseau prend de l’ampleur, il devint primordial de déléguer afin de permettre le face à face, et conserver intact la motivation.

 

Quand déléguer

 

Réseau personnel

Réseau simple

Réseaux complexes*

Délégation

Suivre

Je peux suivre …

150 personnes

75

Au-delà

Evaluer et contribuer

Je peux évaluer                                                             l’activité, et y contribuer, de…

75 personnes

30

Participer

 Je peux participer à des projets dans des groupes de…

15 membres.

10

* membres éloignés géographiquement ou issus de diverses structures à la culture forte

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